Parlons d’amour…

L’amour. C’est compliqué, non ?

Le journal de cette semaine devait parler de tout autre chose. J’avais tout prévu. Le 4 Juillet, les 250 ans de l’Amérique, parce que oui, joyeux anniversaire, l’Amérique. Ce n’est pas un petit anniversaire. Et ce que ce pays représente pour moi après toutes ces années. Cette entrée viendra, promis. Mais j’ai fait quelque chose qui a fait dérailler tout le plan.

J’ai revu The Wedding Date.

Oui, j’aime les comédies romantiques. Je ne m’en excuse pas. Si vous ne le connaissez pas, le personnage de Debra Messing engage un escort, joué par Dermot Mulroney, pour l’accompagner à Londres au mariage de sa sœur. Son ex sera là. C’est lui qui a rompu, et elle ne supporte pas l’idée d’arriver seule, alors elle paie un inconnu pour faire semblant d’être amoureux d’elle. Et bien sûr, parce que c’est ce genre de film, le semblant cesse d’en être un.

Mais cette fois, une réplique m’a arrêtée net. Elle lit un article qui le cite : « Chaque femme a exactement la vie amoureuse qu’elle veut. » Évidemment, elle est furieuse. Elle veut savoir s’il croit vraiment qu’elle a choisi ça, qu’elle veut être célibataire et malheureuse, accrochée à l’homme qui lui a brisé le cœur. J’étais sur mon canapé à Los Angeles, et je me suis dit : oui. Il a raison. Je crois que j’ai exactement la vie amoureuse que je veux.

Voici ma confession. Je suis une maman solo, la maman de Liam, qui aura neuf ans et demi en juillet. Je suis célibataire depuis dix ans. Dix. Pas parce que personne ne me l’a proposé, mais parce que, si je suis honnête avec moi-même, je l’ai choisi. Depuis qu’on m’a rendu mon cœur en morceaux, je fais les comptes. Est-ce que j’ai envie de sortir avec quelqu’un ? De tomber amoureuse ? Oui, bien sûr. Ce serait merveilleux. Mais quand je mets en balance les bons côtés et le chagrin, le compte n’y est jamais. Parce qu’il y a ce petit truc chez moi. Je ne fais pas les choses à moitié. J’y vais à fond, comme un taureau qui fonce dans l’arène, tête baissée, à pleine vitesse, et la plupart du temps je finis dans le mur. Je n’ai jamais compris ce que les gens veulent dire quand ils disent d’y aller doucement. Et quand ça fait mal, ça fait mal. Parfois je fais pareil avec la maternité. Je connais les envies et les besoins de Liam avant qu’il les connaisse lui-même. Mais ça, c’est un autre blog.

Quand l’alternative à la solitude, c’est de tout donner et de tout risquer, être seule commence à ressembler moins à de la malchance qu’à de l’instinct de survie.

C’est ça que veut dire la réplique, je crois. Pas qu’on commande consciemment la solitude comme un plat sur un menu. Mais la façon dont on regarde l’amour façonne la vie amoureuse qu’on finit par avoir, même quand on ne le dit jamais à voix haute. Moi, je ne l’ai jamais dit. Et pourtant, voilà. J’ai exactement la vie amoureuse que je veux, c’est-à-dire aucune, parce que l’alternative est trop douloureuse.

Est-ce triste ? Peut-être. Est-ce honnête ? Absolument.

Alors je vous laisse avec la question qui m’a suivie toute la semaine : avez-vous la vie amoureuse que vous voulez vraiment, ou celle que vous vous êtes discrètement construite pour vous protéger ?

Réfléchissez-y. Moi, je serai là, à rembobiner le film.

Andreea Mitro écrit des essais sur la maternité et l’appartenance, aux côtés de son fils. Son premier roman, ROU, qui se déroule pendant la révolution roumaine de décembre 1989, sortira bientôt.

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